Il existe deux catégories d'impôts et taxes : Les
impôts directs et les impôts indirects.
Les impôts indirects constituent la principale source
de revenus de l'Etat (plus de 80% des recettes des finances).
L'impôt sur le revenu des personnes physiques et l'impôt
sur les sociétés,
Les taxes assises sur le chiffre d'affaires (la TVA,
le droit de consommation…), le droit d'enregistrement
et de timbres et le droit de douanes.
L'impôt sur le revenu comporte deux catégories
: l'impôt sur le revenu des personnes physiques
(IRPP) et l'impôt sur les sociétés
(IS).
L'impôt sur le revenu des personnes physiques
L'imposition
des revenus des personnes physiques est établie annuellement,
sur le montant total des revenus réalisés ou perçus
pendant l'année précédente. Le système
fiscal est caractérisé par une imposition unique
sur un revenu global qui est constitué par différentes
catégories de revenus :
1-
Bénéfices industriels et commerciaux.
2- Bénéfices des professions non commerciales.
3- Bénéfices de l'exploitation agricole ou de
pêche.
4- Traitements, salaires, pensions et rentes viagères.
5- Revenus fonciers.
6- Revenus des valeurs mobilières.
7- Autres revenus (revenus de ressource étrangère
non soumis à l'impôt à l'étranger).
La base imposable
Les
personnes physiques sont tenues annuellement de faire une
déclaration
unique de revenus.
Il s'agit d'une imposition unique et générale
sur l'ensemble du revenu.
Le revenu net global est constitué par le montant total
des revenus nets déterminés distinctement suivant
les règles propres à chacune des catégories
de revenu. Le revenu ainsi constitué tient compte du
déficit constaté dans l'une des catégories
de revenu.
De plus, il y a certaines charges qui viennent en déduction
du revenu net global lorsqu'elles ne sont pas déduites
de l'une des catégories de revenus, telles que les charges
de chef de famille, les enfants à charge, etc.
Le revenu net global, ajusté par les déductions,
fait l'objet d'un barème d'imposition selon un tarif
progressif suivant :
Tranches
Taux
0
à 1.500 dinars
0
%
1.500,001
à 5.000 dinars
15
%
5.000,001
à 10.000 dinars
20
%
10.000,001
à 20.000 dinars
25
%
20.000,001
à 50.000 dinars
30
%
Au-delà
de 50.000 dinars
35
%
Pour
les petits exploitants, artisans et commerçants érigés
en entreprises individuelles qui réunissent certaines
conditions, sont soumis à l'impôt sur le revenu
selon le régime forfaitaire d'imposition.
Avantages spéciaux
Ces
avantages sont accordés aux ressortissants étrangers
qui travaillent en Tunisie :
Les personnes rattachées auprès du gouvernement
tunisien, dans le cadre de la coopération technique,
ne sont pas soumises à l'IRPP.
Les agents d'encadrement et de maîtrise, de nationalité
étrangère, recrutés notamment
par les entreprises totalement exportatrices, les banques off-shore
et par les sociétés pétrolières
ou dans les zones franches, sont soumis à une contribution
forfaitaire de 20%. Toutefois, ils peuvent opter pour l'imposition
selon le droit commun si celui-ci s'avère
plus favorable.
Lorsqu'une convention de non double imposition est conclue
avec un pays étranger, le mécanisme
de crédit d'impôt est applicable.
L'impôt
annuel ne peut être inférieur à un montant
minimum de 0,5% du montant brut du chiffre d'affaires ou des
recettes pour les activités commerciales et non commerciales
sans que ce montant minimum excède 1.000 dinars.
Ce montant minimum d'impôt est fixé à 100
dinars pour les entreprises qui ne réalisent pas de chiffre
d'affaires ou de recette ou qui ont cessé leur activité
sans déposer la déclaration de cessation d'activité.
L'impôt sur les sociétés
L'impôt
sur les sociétés s'applique aux personnes morales.
De même seront soumises à cet impôt, les
personnes morales non établies ni domiciliés en
Tunisie, percevant des rémunérations ayant leur
source en Tunisie et ce sous réserve des conventions
fiscales internationales. Ainsi, sont imposés tous les
bénéfices réalisés dans le cadre
d'établissements situés en Tunisie et ceux dont
l'imposition est attribuée à la Tunisie par
une convention fiscale de non double- imposition.
Les succursales des sociétés étrangères
exploitant des activités industrielles ou commerciales
sont soumises à la réglementation fiscale tunisienne.
Les bénéfices imposables de la succursale sont
les produits générés par les opérations
de la succursale.
La base imposable
Le
bénéfice fiscal est déterminé à
partir du résultat comptable majoré des charges
non déductibles fiscalement et minoré des produits
non imposables. L'impôt dû est déterminé
à partir du bénéfice fiscal multiplié
par le taux de 35%. Ce taux est de 10% pour les entreprises
exerçant une activité artisanale, agricole ou
de pêche, les coopératives de services et de consommation
ou celles bénéficiant du programme de l'emploi
des jeunes ou du fonds de promotion de l'artisanat et des petits
métiers.
L'impôt annuel ne peut être inférieur à
un minimum de 0.5% du chiffre d'affaires. Ce minium ne peut
excéder :
1.000 dinars pour les entreprises soumises au taux de
10%.
2.000 dinars pour les entreprises soumises au taux de
35%.
Les
taxes assises sur le chiffre d'affaires, le droit d'enregistrement
et de timbre et le droit de douanes
Il existe une multitude de taxe en Tunisie à savoir
:
La taxe sur la valeur ajoutée,
La taxe de formation professionnelle,
Le prélèvement pour le fonds de promotion
des logements pour les salariés,
La taxe sur les établissements à caractère
industriel, professionnel ou commercial,
La taxe hôtelière,
Le fonds de développement de la compétitivité dans
le secteur touristique,
Le fonds de développement de la compétitivité
dans le secteur de l'agriculture et de la pêche,
La contribution au fonds de développement de la
compétitivité,
Le droit de consommation,
Droit d'enregistrement et de timbre,
Droit de douane.
La TVA
La taxe sur la valeur ajoutée est une taxe qui grève
les éléments des prix. Sont soumises à
la TVA, quels qu'en soient les buts et les résultats,
les affaires faites en Tunisie qui revêtent un caractère
industriel, artisanal ou relevant d'une profession libérale,
ainsi que les opérations commerciales autres que les
ventes.
Sont également soumises à la TVA, certaines activités
qui sont expressément désignés par la loi,
il s'agit à titre d'exemple :
Les livraisons à soi-même,
Les importations,
Le commerce de gros autre que celui en alimentation générale,
Le commerce du détail pour les commerçants
détaillants réalisant du chiffre d'affaire
supérieur ou égal à 100.000 dinars par
an.
Le code de la TVA prévoit une liste d'opérations
exonérées de la TVA.
Les personnes qui exercent des activités se situant en
dehors du champ d'application de la TVA peuvent opter pour leur
assujettissement à la TVA sur l'ensemble de leurs activités,
à condition qu'aucune de ces dernières ne figure
dans la liste des activités exonérées,
sauf dans les cas des exportations ou à des ventes à des
assujettis.
Les redevables de la taxe doivent ajouter la TVA à leurs
prix nets hors taxe. Concernant les marchés passés
avec les services de l'Etat, les collectivités locales,
les entreprises et les établissements publics, ceux-ci
effectuent une retenue à la source au taux de 50 % sur
le montant de la TVA à payer.
Le montant de la TVA est déterminé par application
du taux correspondant à la catégorie du bien
ou service au prix de vente net hors de TVA.
Quatre taux sont en vigueur en Tunisie.
un taux égal à 6 %,
un taux égal à 10 %,
un taux égal à 18 %,
un taux égal à 29 %.
La taxe de formation professionnelle (TFP)
La taxe de formation professionnelle est due par toute personne
physique ou morale soumise à l'impôt selon un régime
autre que le forfait.
L'assiette de cette taxe est constituée par le total
des appointements, salaires et rétributions payés
au personnel de l'entreprise. Le taux d'imposition est de
:
1% pour les entreprises exerçant dans le secteur
des industries manufacturières.
2% pour tous les autres secteurs.
Le prélèvement pour le fonds de promotion des
logements pour les salariés (FOPROLOS)
Il est dû pour les employeurs public ou privés
à l'exception des exploitants agricoles privés.
Cette contribution du FOPROLOS à la même assiette
que la TFP, le taux est de 1%.
La taxe sur les établissements à caractère
industriel, professionnel ou commercial (TCL)
La TCL est due par :
Les personnes physiques soumises à l'IRPP au titre
des bénéfices industriels ou commerciaux
(BIC) et des bénéfices des professions non commerciales
(BPNC).
Les sociétés de personnes exerçant
une activité commerciale ou une profession
non commerciale.
Les personnes morales soumises à l'impôt
sur les sociétés.
Cette taxe est liquidée sur la base du chiffre d'affaire
brut local réalisé par les établissements
qui y sont soumis, au taux de 0,2 %.
Mais pour les personnes physiques soumise à l'impôt
forfaitaire ou les personnes physiques et morales qui enregistrent
une perte ou dont la marge bénéficiaire brute
n'excède pas 4 %, le taux de la TCL est de 25 % de l'impôt
du.
La
taxe hôtelière
La
taxe hôtelière est due par les exploitants des
établissements de tourisme. Elle est liquidée
sur la base du chiffre d'affaire brut provenant de l'exploitation,
au taux de 2 %. Cette taxe vient remplacer la TCL pour les établissements
de tourisme.
Le fonds de développement de la compétitivité dans
le secteur touristique (FDCST)
Cette taxe est due au taux de 1 % calculé sur le chiffre
d'affaires hors TVA par : les exploitants des établissements
touristiques, les exploitants de restaurants touristiques classés.
Cette taxe est due à raison de 1,700 D par mois et par
siège offert au titre des véhicules affectés
au transport touristique exploités par les agences de
voyages de la catégorie "A".
Le fonds de développement de la compétitivité
dans le secteur de l'agriculture et de la pêche (FODECAP)
Le
fonds de développement de la compétitivité
dans le secteur de l'agriculture et de la pêche est de
taux de 2 %, alimenté par la taxe sur les légumes
et les fruits, la taxe sur le maïs et les tourteaux de
soja, la redevance sur les produits de pêche, la taxe
de statistique sur les céréales.
La
contribution au fonds de développement de la compétitivité
Le
fonds de développement de la compétitivité
industrielle est financée par :
La cotisation professionnelle sur les chaussures,
La cotisation professionnelle sur les textiles ,
La taxe professionnelle sur les matériaux de construction,
la céramique et le verre,
La taxe sur les conserves alimentaires.
Le
droit de consommation
Le
droit de consommation est une taxe qui s'applique à un
nombre limitatif de produits à savoir les produits importés
ou fabriqués localement.
Sont assujettis au droit de consommation :
1. Toute personne physique ou morale qui fabrique ou importe
des produits figurant sur la liste
d'imposition au droit de consommation,
2. Les embouteilleurs de vins, de bière et de boissons
alcoolisées,
3. Les entrepositaires et les commerçants de gros de
boissons alcoolisées, de vins
et de bières.
Le
droit de consommation comprend une multitude de taux applicables
sur la TVA et pour certains produits des montants applicables
sur les quantités, le volume, l'unité ou le
poids.
Le droit de consommation frappe indifféremment des produits
soumis à la TVA au taux de 29 %, 18 % ou 10 %.
Droits
d'enregistrement et de timbre
Les
droits d'enregistrement sont des impôts spécifiques
qui frappent certaines mutations et actes juridiques. Ils sont
généralement perçus lors de la présentation
de l'acte qui sert de titre à l'opération lors
de l'accomplissement de la formalité d'enregistrement.
Néanmoins, à défaut d'acte, certaines opérations
sont soumises à l'enregistrement sur la base de la souscription
d'une déclaration au receveur chargé de l'enregistrement.
L'enregistrement qui permet la perception d'un impôt permet
aussi d'accomplir une formalité qui produit d'importants
effets juridiques.
L'enregistrement frappe tantôt l'acte, tantôt la
mutation même lorsqu'elle prend une forme verbale ou non
écrite, auquel cas la formalité de l'enregistrement
s'effectue par le biais d'une déclaration.
Il existe des différents régimes de l'enregistrement.
On distingue entre le régime de l'enregistrement obligatoire
et l'enregistrement facultatif d'une part, et l'enregistrement
avec paiement des droits, le régime de l'enregistrement
en débet et les actes enregistrés gratis. Enfin
l'enregistrement des jugements.
Selon le code des droits d'enregistrement, les droits sont fixes,
proportionnels ou progressifs selon la nature des actes et mutation
qui y sont assujettis.
Le droit de timbre est un impôt applicable à certains
actes ou écrits. Il constitue également un mode
de paiement du coût de certaines formalités
et de certains documents fournis par les administrations
publiques.
Il existe des différents types d'imposition :
1. Les timbres dits de dimension,
2. Les timbres des effets de commerce,
3. Les timbres des contrats de transport international,
4. Les timbres de quittance,
5. Les timbres afférents à la délivrance
de certains documents administratifs,
6. Les timbres d'avocat,
7. Le timbre spécial de voyage.
Les
droits de timbre s'appliquent aux actes, écrits et formules
administratives expressément taxés par la loi.
Seuls les actes rédigés en Tunisie sont soumis
au droit de timbre. Les actes rédigés à
l'étranger échappent au timbre tunisien à
moins qu'ils ne soient volontairement présentés
à la formalité de l'enregistrement en Tunisie
ou qu'ils ne soient déposés au rang des minutes
d'un notaire en Tunisie ou qu'ils ne soient annexés à
un acte notarié passé en Tunisie.
Droit
de douane
Le
droit de douane est un impôt levé sur la valeur
des marchandises qui franchissent la ligne douanière.
Il est indirect parce qu'il est perçu à l'occasion
d'un fait et lors d'un acte accompli.
Les marchandises qui entrent sur le territoire douanier ou
qui en sortent sont soumises, selon le cas au paiement des
droits
d'importation ou des droits de sortie inscrits au tarifs
des droits de douane, sauf dérogation expresse prévue
par des accords particuliers.
Dans l'état actuel, il n'y a pas de droit de douane à
l'exportation, le droit de douane d'importation est supporté par
les marchandises entrant dans le territoire national.
Au droit de douane, viennent s'ajouter d'autres impositions
:
Les taxes et droits d'effet équivalent,
le droit compensateur pour lutter contre les pratiques
déloyales,
les taxes de sauvegarde et de rétorsion.
Le
tarif des droits de douanes se présente sous la forme
d'un tableau, dit tableau de la nomenclature tarifaire où sont répertoriées les différentes
marchandises, suivant un ordre méthodique et logique
adopté par la Convention Internationale de Désignation
et de Codification des Marchandises suivant le Système
Harmonisé (1987), et au regard de chaque marchandise,
ou groupe de marchandises, constituant la position tarifaire,
est indiqué le taux de droit de douane.
Les divers taux de droit de douane sont fixés souverainement
par l'Etat Tunisien et leur modification se fait d'une manière
autonome.
Autres
droits et taxes
Les
droits
Pour
les droits, on peut relever les droits sur les formalités
administratives (sont perçus à l'occasion
de l'immatriculation des véhicules, des permis de
conduire et des autorisations de transport), les droits de garantie portant
sur les ouvrages en métaux précieux, or
et platine, le droit sur les documents délivrés
par la direction de la marine marchande (ce droit est
perçu
par la direction de la marine marchande sous le forme d'un
timbre fiscal). Les
taxes
Les taxes indirectes sont relativement nombreuses on peut relever
la taxe annuelle de contrôle et de surveillance des
établissements dangereux (et ce pour contrôler les établissements
dangereux et insalubres et incommodes), les taxes sur
les véhicules
automobiles (sous forme de taxe de circulation), la taxe
unique de compensation des transports routiers (elle
s'applique aux véhicules automobiles de transports routiers en commun,
public ou privé, aux véhicules de transport
de marchandises), la taxe pour le droit d'usage de postes
de récepteurs de télévision, la taxe sur les
voyages à l'étranger.