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  Relations de travail
 
Sécurité sociale
 


Relations de Travail


La main d'oeuvre en Tunisie est non seulement abondante, car elle représente 29 % de la population totale, mais elle est aussi très qualifiée et mobile vu les efforts de l'Etat déployés dans l'éducation, la formation continue et la mise à niveau.

Les relations entre employeurs et employés sont régies par le code du travail ainsi que par la convention collective cadre et par des conventions collectives sectorielles.

Le code du travail détermine le statut légal des relations de travail et confie à l'inspection du travail, le soin de contrôler la bonne application de cette réglementation.

Toute entreprise nouvellement créée doit procéder, dans le mois de son installation, à une déclaration à l'inspection de travail.

Il existe de nombreuses conventions collectives signées entre les employeurs et les syndicats des travailleurs :

• Le patronat tunisien est représenté par l'UTICA (l'Union Tunisienne de  l'Industrie,   du Commerce et de l'Artisanat).
• L'UTAP (Union de l'Agriculture et de la Pêche) représente les syndicats des   agriculteurs et pêcheurs.
• L'UGTT (l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens) est la principale centrale   syndicale ouvrière.

Les conflits qui naissent entre employeurs et employés sont de la compétence du conseil de Prud'hommes. Ces conseils existent dans les tribunaux de première instance et sont de grande importance car ils ont une double compétence ; compétence contentieuse et une autre consultative.

Le droit de grève est expressément reconnu par le code du travail. La grève doit être approuvée par la centrale syndicale ouvrière ou par l'organisation centrale des employeurs.

La conciliation est obligatoire et doit être préalable à toute grève ou lock-out, elle est du ressort de la commission locale ou centrale de conciliation. Celle-ci propose une solution au conflit et les parties sont libres d'accepter ou non la solution proposée.


Contrat de travail

Le contrat de travail est une convention par laquelle l'une des parties, appelée travailleur ou salarié, s'engage à fournir à l'autre partie appelée employeur ses services personnels sous la direction et le contrôle de celle-ci, moyennant une rémunération.

Il y a deux sortes de contrat de travail :
• Le contrat de travail à durée déterminée "CDD".
• Le contrat de travail à durée indéterminée "CDI".

Au cours de la période d'essai, le travailleur peut donner ou recevoir congé sans préavis, sur simple signification. En cas où l'employeur procède à une réduction du personnel pour des raisons d'ordre économique ou de suppression d'emplois, il est tenu de la notifier au préalable à l'inspecteur du travail. Les licenciements abusifs donnent lieu au paiement des indemnités de licenciement et de dommages et intérêts.


Stages et périodes d'essai

L'employeur bénéficie de l'avantage de période d'essai pendant laquelle il vérifie les qualifications et les compétences de l'employé avant de conclure un contrat de travail.

La durée des stages ou des périodes d'essai est fixée par la convention collective cadre :
• 6 mois pour les agents d'exécution,
• 9 mois pour les agents de maîtrise,
• une année pour les cadres.

Les stages ou les périodes d'essai sont rémunérés par l'entreprise et par les bureaux nationaux et régionaux d'emploi. Si le stage, à la fin de la période d'essai, n'est pas concluant, le candidat pourra être soumis à un deuxième et dernier essai, pour une période de même durée.


Commission consultative d'entreprise et délégués du personnel

Il est institué dans chaque entreprise employant au moins 40 travailleurs permanents, une structure consultative dénommée "commission consultative d'entreprise".

Cette commission est composée d'une façon paritaire de représentants de la direction de l'entreprise dont le chef d'entreprise et de représentants des travailleurs élus par ces derniers.

La commission consultative d'entreprise est consultée sur :

• L'organisation du travail dans l'entreprise,
• les questions se rapportant aux œuvres sociales existantes dans l'entreprise,
• la promotion et le reclassement professionnel,
• l'apprentissage et la formation professionnelle,
• la discipline,
• les questions relatives à la santé et à la sécurité au travail.

Dans les entreprises employant un nombre de travailleurs permanents égal ou supérieur à 20 et inférieur à 40, il est élu un délégué titulaire du personnel et un délégué suppléant. Ces délégués ont pour mission d'être associés au fonctionnement des institutions sociales, de veiller à l'application des règles relatives à la sécurité et à l'hygiène et d'examiner toutes les réclamations individuelles et collectives ou toutes autres difficultés relatives à l'application des lois, règlements et accords en vigueur entre employeurs et salariés.


Traitements et salaires

Le montant des traitements et salaires est déterminé comme suit :

• soit par référence aux statuts de la fonction publique pour les établissements   publics et semi-publics,
• soit par référence à la convention collective pour le secteur privé,
• soit librement négocié entre employeurs et employés sous réserve de   respecter le minimum légal fixé par la loi.

Un système d'indexation au coût de la vie permet aux pouvoirs publics de décider une augmentation générale des salaires.

Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) a été fixé en 2004, dans les secteurs non agricoles pour les travailleurs des deux sexes âgés de 18 ans au moins, à 218,192 dinars pour le régime de 48 heures par semaine et à 189,800 dinars pour le régime de 40 heures par semaine.

Les jeunes travailleurs âgés de moins de 18 ans ne peuvent en aucun cas percevoir un salaire inférieur à 85 % de celui de l'adulte.

Conditions relatives aux personnels étrangers

Tout étranger, à l'exception des ressortissants des pays de l'Union du Maghreb Arabe (UMA), désirant occuper un emploi, doit être muni d'un contrat de travail visé par le Ministère de l'Emploi et bénéficier d'une autorisation de séjour en Tunisie.

Les entreprises totalement exportatrices peuvent recruter, librement, des agents de direction et d'encadrement de nationalité étrangère dans la limite de quatre personnes pour chaque entreprise, en plus du directeur. Un dossier est déposé auprès du Ministère de l'Emploi afin d'obtenir une attestation de non-soumission au contrat de travail.

 
 

Sécurité Sociale

Dans l'objectif d'offrir au travailleur des conditions de vie décentes, l'Etat exige que tout travailleur doit être immatriculé à un régime de sécurité sociale couvrant les assurances sociales et la retraite.

Le système de sécurité sociale

Le système tunisien de sécurité sociale est financé par l'employeur et par l'employé.

Les prestations offertes sont différentes selon que le salarié est immatriculé au régime de sécurité public : caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale (CNRPS), ou celui du secteur privé : caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la caisse nationale d'assurance maladie (CNAM).

L'employeur collecte les cotisations de sécurité sociale auprès de chaque salarié, sous forme de retenue à la source sur les salaires.

L'employeur collecte de la même manière les cotisations d'accidents du travail et des maladies professionnelles.

L'employeur collecte les cotisations de l'assurance maladie pour la caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), ajoutée par la
Loi n° 2004-71 du 2 Août 2004.

Cotisations et taxes sur les salaires

- Les taux de cotisations à la CNSS sur les salaires sont les suivants :
• employeur : 16,5 % du salaire brut,
• employé : 7,75 % du salaire brut.

- Le taux de la cotisation employeur est réduit d'un demi-point 0.5 lorsque la   société est totalement exportatrice.

- Les taux des cotisations d'accident de travail et de maladies professionnelles   varient entre 0,5 % et 7,2 % selon la nature et les secteurs d'activité.

Un bonus du quart 1/4 au maximum de la prime d'accident de travail est accordé aux entreprises qui accomplissent un effort soutenu de prévention de risques professionnels.

D'autres taxes se rattachant aux salaires sont payées par les employeurs :
Les fonds de promotion des logements sociaux au taux de 1 %, la taxe de formation professionnelle au taux de 2 % en ce qui concerne les industries manufacturières. Le taux est de 2 % pour les autres secteurs.

- Les taux des cotisations de la caisse nationale d'assurance maladie CNAM sur   les salaires sont les suivants :
• 4 % à la charge de l'employeur,
• 2,75 % à la charge du salarié.


Affiliation obligatoire

Le régime de sécurité sociale en Tunisie concerne la quasi-totalité des salariés et ayants droits, quelle que soit leur catégorie socio-professionnelle.
L'expatrié est généralement tenu de se faire immatriculer au régime de sécurité sociale en Tunisie.

L'expatrié n'a la possibilité de choisir entre son affiliation à la sécurité sociale de son pays d'origine et celle de son lieu d'affectation que dans des cas spécifiques, notamment lorsque son employeur, installé en Tunisie, exerce une activité totalement exportatrice ou encore, lorsqu'une convention sociale a été conclue entre le pays d'origine de l'expatrié et la Tunisie.
La convention déterminera alors les conditions du bénéfice de ce choix.